Comme je vous l’ai déjà dit, la majeure partie des passagers venaient du Maghreb ou des pays d’Afrique, mais il nous arrivait aussi de découvrir des fourmis qui venaient d’autres pays et qui elles donnaient dans le grand luxe avec le trafic de caviar, vrai ou faux, mais souvent inconsommable étant données les conditions dans lequel il était transporté.
Souvent c’était à l’approche des fêtes de noël que les équipages, car dans ce domaine, il n’y avait qu’eux qui se livraient à ces pratiques, nous ramenaient par valises pleines du caviar de plus ou moins bonne qualité, mais qui allait faire malgré le manque de règles sanitaires le bonheur de restaurateurs peu scrupuleux sur la santé de leur clients, au risque d’acheter et vendre ce produit.
Un jour, après une course poursuite, c’est dans le hall d’un hôtel que nous avons mis la main sur trois valises remplis de cet or noir.
Vous voyez la liste est assez longue et parfois certaines histoires car c’est comme cela que je résume les anecdotes de ma profession, m’ont marquées plus que d’autres par le côté banal qu’elle représentait au départ et l’issue finale qui était phénoménale.
Un matin nous étions en surveillance sur la piste et nous voyons partir un petit avion de tourisme que nous avions remarqué pour ses très voyages fréquents, là encore ne me demandez pas pourquoi il a fallu que nous allions demander à la tour de contrôle le plan de vol de cet appareil qui n’avait rien d’apparence, nous laissant supposer quoi que ce soit d’anormal.
L’étude du listing de ses vols nous montre que cet avion fait des sauts de puces, Marseille-Rome, Rome Madrid, Madrid-Nice, Nice-Marseille.
Un représentant de commerce pourrait faire cela, mais à la clé il lui faut vendre beaucoup pour amortir les voyages. Nous l’avons vu monter dans son appareil et il n’avait qu’une petite valise, pas de quoi contenir beaucoup de choses à présenter.
Pour en avoir le cœur net, nous décidons donc de l’attendre à son retour vers les dix huit heures, car c’est assez précis, c’est réglé, comme ci quelqu’un devait venir le chercher, il arrive toujours à la même heure. En effet ce soir là, vers les dix huit heures, nous voyons, le petit coucou, virer presque au dessus de nous, se poser et rouler jusque sur la piste.
Il est assez surpris je dois dire du comité d’accueil qui est au pied de son appareil. Surpris et énervé, car dit-il il est pressé, quelqu’un l’attend. Qu’importe, nous, avons, nous tout notre temps et nous avons eu raison de le prendre. Nous avons commencé à le questionner sur ses vols et fouillé son avion, mais rien de spécial à signaler, sinon que sa valise est remplie de billets de banque avec des documents comptables avec un nom qui n’est pas le sien comme personne responsable des encaissements. Cela nous parait des plus curieux qu’une personne qui n’est pas lui en étant lui puisse prendre autant d’argent. La fouille de sa petite serviette nous apportera la solution.
Ce monsieur voyage sous deux identités, l’une en tant que pilote pour passer les frontières et les services de police librement, l’autre, que nous découvrons sur un passeport qui lui sert à ne pas se faire remarquer, mais à jouer son rôle consistant à aller de ville en ville collecter pour une secte. Cet homme est un gourou et tenez vous bien, il fait cela depuis quatre années et personne de la police n’a remarqué son visage, alors qu’il est recherché pour aller tout droit en prison. Il faut dire que ne faisant que des pays européen, il n’avait pas beaucoup de contrôle à passer, sinon ceux de douaniers fouineurs comme nous qui avons mis fin à ses habitudes.
Dans le même cadre ou presque nous avons eu à faire un jour avec un faux curé qui était un espion et qui avait donné sa bénédiction à toute la brigade, alors qu’il n’était pas plus prêtre que vous et moi, mais qu’il étudiait simplement au près de nos services et ceux de la police qu’il avait en quelques sortes infiltrés, nos façons de bosser pour, par la suite se lancer dans un grand trafic de drogue à l’échelle international. Comment il a été démasqué ? Tout bêtement à vouloir trop en faire et en nous racontant son passé, il s’est trouvé qu’un collègue avait connu un des endroits dont il nous parlait et qu’en le questionnant sur des faits et des noms précis, qu’il avait vécu, il a bien vu que l’affabulateur ne nous racontait que des salades dont il est allé méditer derrière les barreaux d’une maison d’arrêt car en plus il organisait des collectes et acceptait des dons pour des pauvres qui n’étaient que lui seul.
Je vous l’ai dit j’ai fait un fabuleux métier de chasseur de fourmis, même si parfois nous avons été mis à rude épreuve, face à des mecs complètement déjantés qui auraient pu aller très loin dans leur folie.
Un dimanche, après le repas du midi, nous décidons, le temps s’y prêtant plutôt d’aller faire un petit contrôle routier à l’une des sorties de l’aéroport sur la route principale. Nous n’étions pas installés là depuis plus de dix minutes qu’un énorme coup de frein nous fait sursauter. Derrière un gros camion de chantier qui n’a rien à faire là un dimanche, nous voyons de la fumée qui doit provenir de la gomme des pneus qui doivent être carrés à présent.


















